Événement / Exposition
Mardi 4 Juin 2019 - Mercredi 19 Juin 2019

L’escalier, une figure du déséquilibre

Partir d’un objet aussi élémentaire et archaïque que l’escalier nécessite une
mise au point sur ce que ce séminaire n’ambitionne pas :
- Répondre à la question : « De quoi l’escalier est-il le nom ?»
- Etablir un inventaire « scalalogique » à la Friedrich Mielke
- Proposer un top 10 des escaliers « les plus spectaculaires »
- Constituer un outil réglementaire à l’attention de la communauté étudiante

POURQUOI L’ESCALIER?
Considérons d’un côté que l’architecte est celui qui humanise la géométrie et de l’autre, l’escalier vu comme la traduction
d’un pur problème géométrique et fonctionnel, relier le haut et le bas. Regardons ensuite non plus l’escalier, la succession
de marches, mais le pied qui le foule, l’effort du corps qui le monte, l’attention de l’enfant qui a peur de tomber, ou encore
la trace de siècles de marcheurs inscrite dans le grès. Peut-on alors émettre l’hypothèse de l’escalier comme support
privilégié de l’expérience du mouvement qu’il soit symbolique, physique, ou même narratif ? Pour sa première et unique
édition, ce séminaire proposait donc d’aborder l’escalier et son extension directe la « situation dénivelée » comme un déjàlà,
de dépasser l’injonction du projet pour privilégier l’appel de l’exploration en convoquant des dynamiques et disciplines
aussi diverses que la littérature, la danse, la neurophysiologie, ou le math rock.
Le mot «marche» dérive du verbe « marcher » et signifie fouler au pied. Il donne également le mot «marque» et « marc» (de Gewurztraminer ou autre) qui est issu du pressage des fruits, c’en est le résidu, la trace. Le terme «escalier», tout comme l’échelle vient du latin scala, qui dérive de scandere « monter », et de gradus, qui va donner degré en français. Or le degré a longtemps
été utilisé pour désigner l’escalier.
Si la marche met le monde à l’échelle de l’Homme, l’escalier met l’Homme en mouvement.

A partir de mots-clés tels que seuil, rythme, attention, risque, sacré, profane, mise en scène, ou encore imaginaire, l’escalier
constitue donc un prétexte qui permet à ce séminaire de déséquilibrer les conditions-mêmes de l’émergence du projet.

DÉROULEMENT DU SEMESTRE
Les étudiants ont été invités à réinterroger l’escalier et/ou situations dénivelées dans un cadre quotidien et banal, à découvrir
comment comment la littérature s’approprie et nourrit la figure de l’escalier à travers notamment Georges Perec, Gaston
Bachelard et Julien Green. A succédé ensuite l’expérience physique, l’engagement du corps qui accepte la dérive, le lâcher
prise, le déséquilibre voire la chute.
 

Au-delà des séances dites classiques à l’école, l’atelier a été ponctué de deux temps forts :
1/ Escalier conçu, escalier construit, escalier vécu , demi-journée d’étude à la Bibliothèque Nationale Universitaire en présence
de Vincent Schaffner (métallerie Schaffner), spécialiste dans la construction d’escaliers monumentaux. Les enjeux étaient
de saisir le passage de la conception à la construction et à l’usage, mais surtout de voir comment l’escalier peut constituer
un dispositif de contrôle et de démonstration, dépassant de très loin la simple fonction de circulation.
2/ Partage du processus de création «En descendant l’escalier» danse & vidéo : journée d’intervention de la danseuse
et chorégraphe Anne Guillemin (Cie Descendant l’Escalier) autour de la question du basculement du mouvement vers la
chorégraphie et de la création vidéo dans les escaliers de l’Ecole.

Cette exposition est donc le fruit des problématiques soulevées durant les ateliers et les temps forts ainsi que des questions
qu’engage une restitution publique :
- Développement d’une démarche individuelle qui s’inscrit dans une entreprise collective,
- Quels modes de restitution, pertinence des médiums à utiliser au regard du message à transmettre
- Mise en relation d’un visiteur/spectateur avec l’objet à pratiquer
- Place donnée au(x) parcours scénographique(s) alors même que l’escalier interroge cette question
- Problématisation et contextualisation du sujet

Etudiants :
Mélanie BALLET—Marie BALLET—Emmanuelle BIDET—Claudia BURG—Damien CHANGEY—Charlotte

CORDIER—Céline DEVAQUET—Elise FELLNER —Estelle FILLIAT—Clément HAIZE—Grégory HEINRICH—Guillaume
HERGAT—Bruno SCHNOEBELEN —Sophie SEGONDS—Robin VERGOBBIO—Cécile ZUGMEYER
Enseignante : Angélique MEREL