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Mardi 13 Juin 2017

Marc BLAIZEAU reçoit le prix M.A.F. de l'Académie d'Architecture pour le meilleur PFE 2017.

Avec son PFE Un lieu de recueillement, un espace de tranquillité et de contemplation Marc Blaizeau a reçu le 13 juin dernier le prix M.A.F. de l'Académie d'Architecture récompensant le meilleur projet de fin d'études 2017.
Pour son projet, développé au sein du domaine Architecture Art et Technique, il a bénéficié du soutien et des apports de Thierry REY, Patrice HARICOT et Dominique LABURTE. 

Depuis des millénaires l’homme rend hommage à la mémoire de ses morts en les enterrant et en en faisant un événement social et collectif. Les lieux funéraires posent la question fondamentale de l’existence de l’humanité à travers leurs références à la fois au passé et au futur. Ils délimitent des lieux d’ontologie, ils sont à l’image de notre société et de son évolution. Ces lieux sont essentiels pour l’homme afin qu’il puisse « prendre congé du défunt » et entrer en communion avec le sens et le but de sa propre existence. Cependant, notre société actuelle où la vitesse et la rentabilité sont les maîtres mots, rend difficile l’élaboration du deuil. Tournée vers l’escamotage de la mort, elle ne facilite pas la tâche... La réalisation d’un programme funéraire aborde des questions qui touchent au plus profond de notre rapport à la mort mais aussi à la vie, et auxquelles il n’existe pas de réponses normalisées.

 

Le thème de ce projet de fin d’études permet d’illustrer plus largement la thématique du temps en architecture : Le projet vise à délimiter spatialement un lieu de deuil en lui donnant une structure temporelle particulière.
Peu de programmes architecturaux ont une portée émotionnelle et symbolique aussi singulière qu’un centre funéraire. Ce type de projet touche à un des moments les plus douloureux de notre existence, celui de la disparition d’un être cher.

Le projet s’articule autour de quatre concepts fondamentaux :

  • « Sculpter le temps » en tentant de rendre palpable l’expérience du temps.
  • « Une architecture de contraste » en associant des complémentarités afin de trouver un équilibre dans l’édification du lieu.
  • « La recherche d’intemporalité et d’abstraction » dans la quête d’un temps suspendu et d’une architecture élémentaire.
  • « Le rassemblement et la communion » afin de retrouver le sens profond de l’expérience de la collectivité.

L’un des enjeux principaux du projet consiste à délimiter un lieu de deuil, susceptible d’accompagner dignement la famille et les proches dans un moment de douleur et d’intimité, en humanisant la mort et non en l’évacuant. Le projet montrera comment l’architecture construite, dans sa matérialité peut porter des valeurs immatérielles. 

Afin de tenter de répondre à ces enjeux, le dessin des espaces a été travaillé avec une grande simplicité pour ne pas surcharger l’usager d’informations pendant cette période douloureuse. L’ordre apparent des espaces leur confère un caractère rassurant et intemporel, un sentiment d’équilibre et de paix. La création d’éléments de distance et de parcours, de limites et de seuils organisent la temporalité du projet par une alternance de continuités et de césures, soulignée par une lumière variée. Ces éléments structurent la composition des espaces d’une manière claire afin de conférer aux lieux un air de calme. Le projet joue avec notre perception des contrastes. Les éléments se complètent et se conjuguent au service d’une harmonie. La recherche d’abstraction et d’intemporalité a été travaillée par l’élaboration de formes géométriques primaires, du travail de lumière et par l’utilisation majoritaire du béton comme mono-matérialité du projet. L’idée de rassemblement et de communion dans le projet a été mise en avant dans le centre funéraire par trois espaces majeurs : le hall de condoléances pour le crématorium, les lieux de veillée pour le funérarium et les espaces de rassemblement pour le lieu d’hospitalité. L’édifice s’inscrit dans un paysage plat dans la région d’Erstein au sud de Strasbourg. De forme linéaire et essentiellement en béton, le projet se situe au bord d’une courbe de l’Ill, entre deux forêts. Le bâtiment se présente sous la forme d’une façade rythmée de lumière. À l’est, un large parvis couvert par un auvent matérialise l’entrée du crématorium. Plus à l’ouest, l’espace rendu intime par les courbes, délimite les entrées individuelles des chambres funéraires.